Abattoirs français : les députés veulent-ils vraiment changer les choses ?

Abattoirs français : les députés veulent-ils vraiment changer les choses

Nous sommes 6 organisations de protection animale à signer une Tribune en date du 16 décembre 2016.
Cette prise de parole collective fait suite au premier examen de la proposition de loi du député Olivier Falorni sur le respect de l’animal en abattoir.
Le 14 décembre lors de son examen par la Commission des Affaires Économiques de l’Assemblée Nationale, la proposition de loi a été largement amendée (pas moins de 44 amendements, dont des amendements de retrait). Le texte a toutefois été adopté en commission des affaires économiques de l’Assemblée nationale à l’issue des débats, mais vidé d’une partie de sa substance : les parlementaires ont supprimé deux des sept articles, dont la mesure phare rendant obligatoire la vidéosurveillance, et les visites inopinées des parlementaires dans les abattoirs.

Toutes les organisations signataires de cette tribune ont été auditionnées lors des travaux de la Commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage. En outre, toutes les organisations soutiennent cette proposition de loi. Devant le rejet de des deux principaux articles de la proposition, nous nous interrogeons sur la volonté des députés d’améliorer les contrôles et la transparence dans les abattoirs.

Extraits de cette Tribune parue sur le site web de Libération :

« Après le rejet de l’une des principales mesures de la proposition de loi relative au respect de l’animal en abattoir, la vidéosurveillance du poste d’abattage, nous sommes plusieurs organisations de protection animale à nous interroger : les députés veulent-ils vraiment changer les choses dans les abattoirs français ? »

« La disposition relative au contrôle vidéo, celle concernant les visites inopinées en abattoir ou encore un amendement qui étendait l’obligation de contrôle permanent du poste de mise à mort lorsque est pratiqué l’abattage sans étourdissement, ont toutes trois été rejetées. Elles étaient pourtant issues du travail de fond qui a été mené avec le plus grand sérieux durant plus de six mois par la Commission d’enquête parlementaire, et soutenues par les organisations de protection animale ».

« Autre point essentiel qui était trop absent de cette proposition de loi mais qu’un amendement permettait de ne pas occulter : l’abattage sans étourdissement. L’amendement 43 proposait d’étendre l’obligation de contrôle permanent du poste de mise à mort pour tous les abattages réalisés sans étourdissement, ce qui, rappelons-le, n’est pas actuellement le cas. Il est en effet particulièrement justifié de contrôler le poste de mise à mort pour les abattages sans étourdissement afin de limiter au maximum la souffrance engendrée par l’absence d’étourdissement.
Il est scientifiquement établi que l’abattage sans étourdissement pose de très sérieux problèmes de souffrance pour l’animal, comme le reconnaît un rapport de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) qui établit que les animaux non préalablement étourdis ressentent une souffrance extrême lors de la saignée et lorsqu’ils se vident de leur sang. Rendre obligatoire l’étourdissement en toutes circonstances est ce que nous souhaitons ; néanmoins, l’amendement 43 nous semblait une avancée dans le bon sens ».

Consulter l’intégralité de la Tribune : Abattoirs français : les députés veulent-ils vraiment changer les choses ?


Les signataires :

Léopoldine Charbonneaux, Directrice, CIWF France (Compassion In World Farming) Christophe Marie, Directeur Pôle Protection Animale, Fondation Brigitte Bardot Frédéric Freund, Directeur, Œuvre d’Assistance aux Bêtes d’Abattoirs (OABA) Pr Jean-Claude Nouët, Vice-président, La Fondation Droit Animal, Éthique et Sciences (LFDA) Caroline Brousseaud, Présidente, Association en Faveur de l’Abattage des Animaux dans la Dignité (AFAAD) David Chauvet, cofondateur, Association Droit des animaux.