Consommation: l’AFAAD fait campagne pour que soit connue la méthode d’abattage

AFAAD cyberaction demande méthode d'abattage

L’AFAAD lance une campagne citoyenne visant à interpeller les députés sur la question de la traçabilité des méthodes d’abattage pour le consommateur. Cette demande a déjà été exprimée par la présidente de l’AFAAD lors de son audition devant la commission d’enquête parlementaire sur les conditions d’abattage en mai dernier.
Les conclusions de la commission d’enquête parlementaire ont été rendues publiques le mois dernier dans un rapport de 255 pages. On y apprend que l’étiquetage obligatoire de la méthode d’abattage ne trouvera pas une issue favorable.Explications.

Au cœur du problème des arguments … économiques

Ainsi, nous pouvons lire dans le rapport de ladite commission d’enquête, les éléments suivants : « La première solution envisageable est celle de l’étiquetage des produits indiquant s’ils sont issus ou non d’un abattage avec étourdissement. Cette demande part du constat qu’un certain nombre de carcasses, ou du moins certaines parties de l’animal, abattues rituellement se retrouvent dans le circuit traditionnel et non casher ou halal. Cela est vrai en particulier pour les arrières des animaux abattus selon le rite casher qui ne sont jamais consommés par la communauté juive en France. Cela peut être également vrai pour certaines carcasses qui ne seront pas validées halal selon le cahier des charges des certificateurs. »

Et à Monsieur Mathieu Pecqueur, directeur général adjoint de Culture viande d’ajouter ceci :
« La mise en place d’un étiquetage aurait pour conséquence l’arrêt de l’abattage sans étourdissement dans la plupart des abattoirs, compte tenu des contraintes économiques que cela entraînerait. Même si un décret prévoit qu’il est indispensable de répondre à une commande dès lors que l’on abat un animal sans étourdissement, on sait très bien que les pratiques du culte font qu’une partie de l’animal ou certaines carcasses ne seront pas validées viande halal par les cahiers des charges et qu’elles devront du coup passer dans le circuit conventionnel. Mais si elles sont étiquetées « abattage sans étourdissement », je ne trouverai pas de distributeur pour les commercialiser. »

Il est ouvertement avoué que
des morceaux d’animaux abattus sans étourdissement sont distribués dans le circuit classique sans que les consommateurs n’en soient informés, tout cela pour assurer la rentabilité économique d’un système que nous nous efforçons de dénoncer.

La position de Monsieur le ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la forêt ne laisse elle non plus planer aucun doute sur la dérive du système : « […]Vous me dites ne pas vouloir manger le quartier arrière d’un animal qui aurait pu être abattu selon le rite casher. La probabilité est assez limitée, l’abattage casher n’étant pas aussi répandu que l’abattage halal. Mais le risque existe ; c’est donc une question de principe. Que va-t-il se passer si l’on met en place un étiquetage ? Il sera indiqué sur la barquette que l’animal a été tué selon le rite casher. Du coup, la moitié de l’animal ne sera pas commercialisable, alors même qu’il s’agit des parties arrière que nous, nous considérons comme les plus nobles […] Je ne suis pas favorable à l’étiquetage. »

Pour notre association cette situation est inacceptable et nous souhaitons que cette action citoyenne permette de faire entendre la voix des consommateurs auprès des représentants locaux.

De plus en plus de consommateurs en recherche d’informations sur la vie et la mort des animaux qu’ils consomment

Une tendance de fond se dégage : de plus en plus de consommateurs sont soucieux de connaître les conditions de vie et de mort des animaux qu’ils consomment. Aujourd’hui, ces consommateurs se heurtent à l’absence d’indication concernant ces deux éléments.

Au moment où l’AFAAD fait campagne pour demander l’étiquetage obligatoire de la méthode d’abattage, l’organisation CIWF lance également une campagne visant à mentionner la méthode d’élevage des animaux sur les étiquettes.

Lors d’un sondage mené sur les marchés cette année, nous avons pu constater que plus de 93% des consommateurs étaient favorables à la mention obligatoire de la méthode d’abattage. On apprend aussi que cette dernière serait un critère de choix essentiel dans leur acte d’achat. Aujourd’hui, bon nombre de consommateurs veulent consommer mieux, et intégrer dans leurs critères d’achat la notion de bien-traitance animale. Malheureusement, aucune étiquette ne peut les aider à mettre en pratique cette consommation responsable.

Oui à l’étiquetage obligatoire de la méthode d’abattage

Dans une campagne en ligne, l’AFAAD demande donc aux consommateurs d’interpeller leurs députés sur la question de l’étiquetage obligatoire de la méthode d’abattage, en leur adressant un courrier faisant état de la situation que nous venons de décrire.

Comment pouvons-nous faire des choix plus respectueux du bien-être des animaux, si les étiquettes ne donnent pas l’information adéquate ? Exiger l’étiquetage de la méthode d’abattage, c’est aussi demander des comptes sur la fin de vie des animaux.

Pour participer et relayer cette campagne, rendez-vous sur la page dédiée : Cyberaction : Écrivez à votre député pour exiger l’étiquetage obligatoire de la méthode d’abattage !