Loi Alimentation : mais où est passé le plan bien-être animal?

L'AFAAD auditionnée à l’Élysée et à Matignon grâce à CAP

Le jeudi 15 mars dernier, Convergence Animaux Politique (CAP) nous permettait d’être reçus à Matignon pour discuter du projet de loi extrêmement décevant issu des États Généraux de l’Alimentation. L’AFAAD a notamment défendu la nécessaire réintroduction des caméras de contrôle dans les abattoirs ainsi que la mise en place de l’étiquetage obligatoire des méthodes d’élevage et d’abattage.

Un projet de loi très décevant

Après les États Généraux de l’Alimentation et le discours d’Emmanuel Macron, nous attendions un signal fort, et notamment que ce projet de loi présenté par le Ministre de l’Agriculture M. Travert entérine le plan d’action bien-être animal issu de la stratégie bien être animal (2016-2020) annoncée par son prédécesseur.

En février dernier, le ministère de l’Agriculture publiait encore 20 actions nationales prioritaires, dont une série de mesures concernant exclusivement les abattoirs.
Consulter les 20 actions nationales prioritaires présentées par le Ministère de l’Agriculture.

Or, au lieu d’un signal fort, l’article 13 du projet de loi Alimentation, relatif notamment au bien-être animal, ne contient aucune disposition en faveur du renforcement des contrôles du bien-être animal en abattoir, bien au contraire puisque le gouvernement annule la mise en place de caméras de contrôle pourtant votée en première lecture par les députés en 2017.
Cette mesure est pourtant plébiscitée par une immense majorité d’entre nous, 85% des français sont en effet favorables à l’installation de caméras de vidéosurveillance dans les abattoirs selon un sondage Ifop pour la Fondation Brigitte Bardot et l’association Droits des animaux publié en octobre 2016. Aucune trace non plus de nos propositions formulées dans le cadre des États Généraux de l’Alimentation, pourtant populaires, comme l’étiquetage des modes d’élevage et d’abattage.

Rencontre de l’AFAAD à Matignon

Notre rencontre à Matignon avec les conseillers du Premier ministre et du Ministre de l’Agriculture ce jeudi 15 mars ne nous laisse guère de doute sur le fait que le gouvernement n’a rien saisi de l’ampleur de la crise de confiance qui commence à secouer la filière viande.

Les français exigent une vraie reprise en main des abattoirs, et aussi de la transparence ! Si ce projet de loi reste en l’état, que rien de concret n’aboutit en faveur du renforcement des contrôles du bien être animal dans les abattoirs et de plus de transparence, si les consommateurs restent voués à acheter des produits sans aucune information concernant l’évaluation des abattoirs et les méthodes d’élevage et d’abattage, ne nous étonnons pas si le nombre de « flexitariens » et de « vegans » ne cesse d’augmenter.
Nous méritons mieux que cela, le milliard d’animaux abattus chaque année en France aussi !