Maltraitance à l’abattoir du Boischaut : une situation inexcusable !

Maltraitance à l'abattoir du Boischaut (Indre)

Vendredi 2 novembre, l’association L214 a diffusé une nouvelle vidéo de maltraitance animale, sur des bœufs et des chevreaux, dans l’abattoir du Boischaut, situé sur la commune de Lacs dans l’Indre. Ces images ont été tournées entre la fin août et le début du mois de septembre 2018 dans cet abattoir, pendant 19 heures au total. Cette vidéo montre des bovins qui s’effondrent dans le sang et les excréments des animaux abattus avant eux, d’autres que l’on commence à découper avant de les avoir tués et qui ne sont pas correctement étourdis, ou encore un chevreau dont on transperce la patte pour le suspendre avant même de l’avoir abattu. Ces images témoignent du non-respect et des manquements à la réglementation en vigueur.

Un abattoir déjà épinglé lors de l’inspection de 2016 mais toujours ouvert

Cet abattoir public, qui emploie 17 salariés et qui est certifié bio depuis 2011, avait déjà été repéré pour ses maltraitances animales lors d’une inspection préalable de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP) départementale en avril 2016. Celle-ci avait alors classé l’abattoir « non-conforme » aux réglementations nationales en matière de protection animale.
Ces images révèlent que deux ans plus tard, la situation est toujours aussi catastrophique et pire encore, l’abattoir continue de fonctionner.
Consulter le rapport d’inspection de 2016

Le site Ministériel Alim Confiance permet de connaître l’évaluation de la maîtrise sanitaire et de la protection animale pour les différents abattoirs.
Grosse surprise quand nous constatons que les deux évaluations de 2018 classe l’établissement épinglé comme satisfaisant. Comment accorder de la confiance à cet outil qui évalue le fonctionnement d’un abattoir sans mettre en ligne le détail des rapports d’inspections et symbolisant le tout par un smiley ? Cette vidéo atteste de l’inutilité d’Alim Confiance, inutilité que nous dénonçons depuis son lancement.

Alimconfiance Abattoir de Boischaut

Abattoirs et viandes certifiées « bio » : quelles garanties?

Il est important de rappeler que la mention « viande bio » n’apporte actuellement aucunes garanties concernant l’abattage des animaux, ce que l’AFAAD déplore et dénonce!
Si certains abattoirs sont certifiés « bio », cela ne leur impose pas pour autant un cahier des charges vraiment plus strict que pour les viandes « non bio ». Ainsi, les animaux issus de l’agriculture bio doivent être parqués dans un espace à part de l’abattoir et tout le lot doit être abattu en une seule fois pour éviter qu’un animal de la filière conventionnelle ne s’y mélange. Les appareils d’abattage doivent être entièrement nettoyés à chaque passage entre les deux filières.
Nous demandons donc que la certification bio s’améliore concernant l’abattage et garantisse une vraie traçabilité sur le lieu et la méthode d’abattage. Doivent s’y ajouter les garanties d’une vraie maîtrise de la protection animale et des contrôles efficients (caméras de contrôle notamment au poste d’abattage).

Une commission d’enquête parlementaire, des États généraux de l’alimentation et toujours la même situation

Lors de ces instances, l’AFAAD a proposé différentes mesures afin d’améliorer le contrôle, la maîtrise de la protection animale et la transparence dans les abattoirs. Auditions, dépôt d’amendements, cyberactions…nous avons travaillé pendant une année à ces évolutions réglementaires indispensables, et notamment :
* La mise en place des caméras de contrôles
* L’obligation d’un étiquetage obligatoire du lieu et de la méthode d’abattage
* La publication annuelle des rapports d’inspections en abattoir

Aucune de ces mesures n’a été mise en œuvre à l’issue de la commission d’enquête parlementaire ou dans le projet de loi Alimentation. Aujourd’hui nous dénonçons l’inaction du Ministère de l’Agriculture, qui refuse de réformer ses méthodes et celle des députés En Marche qui se sont majoritairement opposés à la mise en place des caméras dans les abattoirs.

Monsieur Le Ministre Didier Guillaume, nous nous sommes vu refuser les caméras et l’étiquetage du lieu et de la méthode d’abattage, faut-il que nous cessions tous de manger de la viande comme le préconise L214 ?

Consultez le communiqué de presse de l’AFAAD du 03/11/2018 : « Maltraitance à l’abattoir du Boischaut :  une situation prévisible, reflet du désengagement de l’État«