Le mot de la présidente

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Aujourd’hui, 17 juillet 2015 l’AFAAD est née. Nous sommes heureux de pouvoir concrétiser à travers cette association, notre engagement en faveur des animaux. A cette occasion, la présidente fondatrice de l’AFAAD a accepté de répondre à 5 questions.

  1. Pourquoi fonder une association qui œuvre en faveur du respect des bonnes pratiques en matière de mise à mort des animaux d’élevage ?

« La question du sort réservé aux animaux destinés à l’abattoir a été très tôt une préoccupation personnelle. En effet, J’ai été élevée dans une région agricole et j’ai grandi près des vaches et autres troupeaux de moutons que j’avais la chance de voir pâturer dans les herbages. Très jeune, je me demandais comment ces animaux allaient être arrachés à leurs prés et par prolongement, comment la mort leur serait donnée. Lorsque j’ai été en âge de me documenter, j’ai découvert la réalité des abattoirs et les méthodes employées.
Devant de nombreux manquements, provoquant des souffrances inhumaines pour les animaux, je ne pouvais pas rester sans agir. Deux raisons en particulier m’ont convaincu d’agir :

D’une part, la loi française prévoit et impose aux professionnels, un cadre stricte d’exercice de la phase de mise à mort, ce dernier devant comporter la phase dite d’étourdissement. Ainsi, l’article R214-71 du Code Rural prévoit que « La saignée doit commencer le plus tôt possible après l’étourdissement et en tout état de cause avant que l’animal ne reprenne conscience ».

D’autre part, consciente que la consommation croissante de viande ne cessera jamais, j’ai l’intime conviction que mon engagement ne peut se situer qu’en aval de l’élevage. C’est pessimiste, mais malheureusement, peu de consommateurs se soucient du sort réservé à l’animal qu’ils consomment…et peu d’entre eux sont décidés à cesser de manger de la viande.
En résumé, consciente que la mise à mort de millions d’animaux se poursuivra encore pendant des siècles et des siècles pour la consommation humaine, je pense qu’en s’appuyant sur les textes de lois en vigueur, on doit s’assurer à minima, de l’absence de souffrance du bétail lors de la mise à mort. Pour moi, c’est un devoir.

Enfin, je suis convaincue qu’à côté de nos chiens et chats et autres hamsters, les grands oubliés de la cause animale, sont les animaux de ferme et les animaux d’élevage destinés à la consommation. En cela, je salue vivement l’action d’une fondation qui m’est chère : l’OABA ».

  1. Depuis combien de temps avez-vous ce projet en tête ?

« J’ai toujours été sensible à la question animale. J’ai réfléchi longuement avant de choisir et définir la nature du combat que j’allais mener. Je dirais que le projet d’une association en rapport avec les animaux est vraiment mature depuis deux ans. J’ai été bénévole quelques mois dans un refuge pour les chiens. Cette expérience a été très bénéfique et riche d’enseignements. En outre, je me tiens régulièrement au courant des combats gagnés par les associations notoires : Fondation BB, 30 millions d’amis, OABA, L214 etc.

A dire vrai, l’élément déclencheur est assez terrible. En aménageant récemment dans une nouvelle commune, je me suis aperçue qu’en bas de la rue, j’entendais des bêlements de moutons. Heureuse d’imaginer un parc animalier à proximité, quelle fût mon horreur en découvrant la réalité des lieux : un abattoir rituel. Bien souvent, ces établissements refusent de pratiquer l’étourdissement avant la mise à mort de l’animal par égorgement (alors que la méthode de l’électronarcose permet un étourdissement de l’animal, et le respect des pratiques religieuses). C’est pour ma part impensable que les animaux soient saignés en pleine conscience. L’abattage rituel constitue une importante dérogation aux règles générales de l’abattage classique, qui imposent un étourdissement préalable des animaux avant leur saignée. Cela m’a définitivement convaincu d’œuvrer en faveur de ces moutons, et de ces millions d’animaux mis à mort dans des souffrances inacceptables.

D’ailleurs la Fédération des Vétérinaires d’Europe rappelle cette année encore que « par respect pour l’animal en tant qu’être sensible, la pratique consistant à abattre les animaux sans étourdissement préalable est inacceptable, quelles que soient les circonstances ».

  1. Comment comptez-vous agir ?

« Je souhaite que notre action soit avant tout pédagogique, éducative. Il ne s’agit pas de fustiger les consommateurs ou des catégories religieuses, cela ne ferait pas avancer les choses. Il s’agit d’œuvrer pour une meilleure pratique en matière d’abattage des animaux et une meilleure connaissance par les citoyens que nous sommes. Agir en faveur d’une prise de conscience générale.

Naturellement, cela passe par des campagnes de sensibilisation, une meilleure information des consommateurs, des campagnes de pétitions en faveur de l’étourdissement systématique des bêtes avant la mise à mort, un contrôle resserré des abattoirs.

On souhaite également aboutir à la mise en place de l’étiquetage systématique concernant le mode d’abattage, qui aujourd’hui n’est pas obligatoire. Le consommateur peut ainsi, à son insu, acheter de la viande issue d’abattages sans étourdissement. Ce n’est pas normal à notre époque».

  1. Quels sont vos moyens pour faire vivre l’AFAAD ?

« Aujourd’hui, on part de zéro. Alors notre principal moyen est notre énergie, notre volonté de changer les choses, de faire évoluer les mentalités. Petit à petit, nous essayerons de collecter des fonds pour mener nos campagnes d’affichages, pouvoir s’associer les services d’un avocat, relayer notre action via les autres associations occupant déjà la scène médiatique. C’est un chantier immense. Tout est à construire et toutes les bonnes volontés sont les bienvenues ».